Moonrise Kingdom

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Message par mei.cathala le Sam 2 Nov - 22:48

Moonrise Kingdom est le 7ème film de Wes Anderson sorti en 2012. Reconnaissable grâce à son sens de l'esthétique particulier, le réalisateur nous plonge dans son œuvre où les couleurs nous emportent doucement et où se mouvent les rêves de deux adolescents  en quête d'un ailleurs lointain.

La première scène est sans doute une des plus importantes d'un film. C'est celle qui nous réveille, nous émerveille par une multitude de manières différentes. Pour Moonrise Kingdom l'entrée en matière se fait par un des fameux travelling caméra, très prisé par Anderson,  dans une maison avec un décor des années 60. La caméra se déplace donc horizontalement, traversant les murs et nous montrant l'intérieur vaste de la demeure. Le premier personnage arrive en montant des escaliers, situés en fond d'écran, puis se retrouve sur un palier où il se déplace de façon à avancer ainsi qu'à passer devant la caméra telle une entrée en scène au théâtre. J'ai beaucoup apprécié ce lien, c'est une idée esthétiquement très réussie. La caméra continue donc de se déplacer nous faisant découvrir un à un les personnages de la maison avec une large variété de techniques. Un personnage apparaissant dans l'encadrement d'une porte, un autre faisant émerger sa tête d'une autre se trouvant dans le cadre de la première, créant ainsi un double sur-cadrage parfait. Les autres personnages sont aussi montrés dans des sur-cadrages de tous types. Il y a le personnage de Suzy Bishop qui fait aussi exception en arrivant dans le plan par le haut, en descendant les escaliers à l'inverse de son petit frère mais étant en fond comme lui et se rapprochant aussi de la caméra, pour prendre ses jumelles, son accessoire fétiche.

Les musiques aussi prennent une part importante dans le film. Elles sont composées par Alexandre Desplat, un compositeur FRANÇAIS, qui s'est fait vite remarquer à une échelle internationale. Le style de musique varie souvent au cours du film, allant de l'orchestre au voix à cappella en passant par le blues.

Pour le reste, le film excelle par sa palette de couleurs, douces ou criardes. On remarque aussi l'autre technique de Wes Anderson, très présente dans la majorité de ses films ; la symétrie. Une autre scène que j'affectionne est celle où le Capitaine Sharp téléphone à la famille d'accueil de Sam en compagnie du chef de troupe Ward et de la dame s'occupant du centre radio-téléphonique. Le plan est coupé en deux. Nous voyons la pièce ou se trouve le Capitaine ainsi que ses compagnons et l'intérieur de la maison de la famille d'accueil. Le centre radio est dans des tons assez sombres, marron, noir... tandis que la maison de leurs interlocuteurs est à dominante jaune et ocre. En plus de cela les personnages regardent tous en direction de la ligne verticale qui scinde le plan. Cela crée une symétrie et un contraste très prononcé sur un même plan et je trouve que cette technique est intéressante. Le réalisateur réemploie cette dernière avec le même décors pour le centre radio mais remplace les membres de la famille d'accueil par l'assistante sociale qui se trouve dans un bureau gris-bleu, bleu pastel, elle même portant un costume bleu roi ressortant quand même. J'ai beaucoup apprécié ces trois camaïeux très réussis.

L'histoire en elle-même est aussi touchante. Deux adolescents incompris par leurs proches, alliés par l'amour, s'enfuyant à travers leur petite île, traqués par la police locale et la famille désespérée de Suzy. Cette dernière jouée par Kara Hayward est une jeune fille tourmentée, en proie à de violentes crises d'hystérie, qui se sens seule malgré sa famille nombreuse. Les traits fins de l'actrice qui l'interprète accentuent cet air mélancolique qui se lit dans son regard jusqu'à la moue de sa bouche. La couleur de ses habits, rose bonbon ou saumon, s'accorde parfaitement avec ses cheveux roux et fait ressortir ses yeux bleus verts.
En opposition mais complémentaire à ce personnage se trouve Sam Shakusky. Il est s'avère être un scout brillant, ce qui lui permet de fuguer dans la nature avec Suzy, qu'il aime. C'est un garçon sensible, rejeté par les autres scouts qui le considère marginal car il est orphelin qui s'avère être l'autre douleur enfouie de ce dernier.
Nous avons là un duo constitué de deux personnes différentes par leur milieu social mais en même temps semblables par leur mal être et qui s'entraident dans l'espoir d'un futur meilleur. Un scénario classique mais avec une touche d'Anderson qui réussit à susciter notre plus vif intérêt pour Moonrise Kingdom.
mei.cathala
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